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Kaws travaille plus pour gagner plus …

Kaws travaille plus pour gagner plus ...

Brian Donnelly alias Kaws est un artiste américain, celui qui kidnappe les Schtroumpfs, les Simpsons ou Bob l’éponge en remplaçant leurs yeux ou la forme du visage par sa signature graphique, le Skully (un crane stylisé). Kaws a commencé sa carrière comme animateur chez Disney, il réalisait les décors pour des séries animées comme les 101 Dalmatiens (1996). C’est vers la même époque qu’il s’attaque aux affiches publicitaires des abris bus New-Yorkais, il les détourne à l’aide de son personnage fétiche le Mickey à tête de mort. L’influence de Disney sur son travail est prégnante, le trait et les couleurs en aplat sont clairement issus du monde de l’animation. Ces adaptations très pop vont attirer l’attention du milieu streetwear et hip-hop de New York à Tokyo, ses premiers fans étant Nigo (Bathing Ape) et Pharrell Williams (Neptunes, Billionnaire Boys Club). Le concept de Kaws est de s’approprier des univers graphiques ayant un attrait commercial puissant et de leur accoler sa signature visuelle. Comme Warhol, mais 40 ans après, ce qui enlève un peu de spontanéité à sa démarche. Il est représentatif de cette génération d’artistes qui se transforment volontiers en marque de commerce.
Comme une marque, la popularité semble être son unique ambition, il a même réalisé des sculptures multiples de son visage pour être sûr qu’on ne l’oublie pas. On cherche en vain le doute, la moindre contestation, la plus infime petite critique du capitalisme, mais rien, nada. Kaws aime tout le monde et tout le monde aime Kaws, il s’agit seulement de plaire au plus grand nombre, pour vendre plus de produits ORIGINAL FAKE (sa marque de jouets & vêtements).
Il suffit de lire sa page Wikipédia pour s’en rendre compte, entièrement écrite à sa gloire,  elle le présente comme le nouveau messie de l’art contemporain. Un peu suspect tout ça.
À mon sens Kaws est certes un très bon graphiste, mais il est loin d’être un avant-gardiste, si ce mot a encore un sens aujourd’hui. Par contre c’est un bosseur, un vrai, un industriel du graffiti, un stakhanoviste du dessin. Même millionnaire en dollars, il continue à s’emmerder à peindre des toiles à la main alors que ses produits dérivés fabriqués en Chine envahissent tous les concepts store de la planète (j’en possède un !).
Pour résumer, Kaws s’est inspiré de Keith Haring et Jeff Koons, dont le modèle était Andy Warhol lui-même un disciple de Marcel Duchamp, donc Kaws est un arrière petit-fils de Duchamp qui était, lui, un artiste d’avant garde.
Pour ceux qui veulent plus d’infos, je vous conseille d’aller sur YouTube et de taper KAWS, il y a d’excellents reportages.

Kaws travaille plus pour gagner plus ... Kaws travaille plus pour gagner plus ...

La double vie de Christopher D.

Chers lecteurs de GRAFITEE, si je reviens vers vous aujourd’hui c’est pour vous faire un aveu, je me suis glissé dans la peau d’un autre pour pouvoir parler de ma passion pour le graphisme et son vecteur privilégié le t-shirt. Au départ, je pensais que c’était une bonne idée, que cela me permettrait de garder une certaine neutralité. Et puis est arrivée la nouvelle collection Kulte dont je voulais parler en faisant un historique de la marque et là, patatras, la bourde, la faute déontologique suprême, je me suis cité dans l’article, mais sans vous le préciser …
Je n’ai plus rien écrit depuis, car j’estime que j’ai honteusement profité de ma place pour me mettre en avant, oui c’est moi Christopher D. le graphiste qui a écrit cet article si beau, si raffiné, si informé et si parfait qu’il ne pouvait avoir été rédigé que par un “insider“.

Je suis rongé par le remords, j’ai usé de ma fonction pour faire ma promotion, honte à moi, j’ai décidé pour me punir de ne plus écrire pour GRAFITEE. Pour corser le tout, j’étais confronté à un nouveau dilemme comment parler de Sixpack, marque montante incontournable, en restant neutre alors que je travaille avec eux depuis 4 ans.
J’ai donc piteusement jeté l’éponge et abandonné le navire et le jeune Kaps qui m’avait donné carte blanche pour mes sujets.
Je tenais à faire cette petite mise au point (pleine de fautes d’ortografes) car cette histoire me turlupinait un peu.
À vous maintenant de décider si vous souhaitez mon retour ou mon bannissement à vie de GRAFITEE !

Christopher D.

La double vie de Christopher D. La double vie de Christopher D. La double vie de Christopher D.

Kulte, le t-shirt qui attire la femme …

Kulte, le french brand qui c’est fait un nom avec ses pin-up trash, ses logos détournés et ses slogans provocateurs vous connaissez ?

Kulte, le t shirt qui attire la femme ... Kulte, le t shirt qui attire la femme ...

Kulte, est un des rares survivant des années 90 époque qui a vu naître le streetwear français (Lady Soul, Kanabeach, 2CKEP…) et son QG la célèbre boutique de la rue d’Argout, Le Shop.
Lancée en 1998, par Nordine (Royal Cheese), Serge et Anthony, un Parisien et deux marseillais (des anciens de chez Diesel), le petit label émerge en plein milieu de la révolution street.
Pour situer, en 1998 Colette et l’Epicerie se disputent la couronne de la “hype“, nouveau synonyme de “tendance“ et les “fashionnistas“ pour être vraiment “trendy“ se devaient d’être à l’écoute de la rue.
Le milieu de la mode semblait complètement largué par ce mouvement urbain ou se mêlait les tribus hip-hop, trip hop, skate ou électro et dont les filmes cultes, Kids (1995) et Trainspotting (1996) étaient particulièrement violents.
Une époque où l’on pouvait faire parler de soi jusqu’à Londres uniquement avec une collection de t-shirts, pour peu qu’elle sorte de l’ordinaire. C’est le légendaire magazine anglais THE FACE (1980 –2004), qui va être le premier à parler des tee de la marque en 1999 ce qui entraînera un buzz qui propulsera Kulte sur le devant de la scène Street/club wear.
Soutenus par le “trend setter“ parisien Bruno Collin et son nouveau magazine de mode WAD, ils inaugurent la “promo people“et le tout Paris branché porte alors leurs pièces dans toutes les soirées dont on parle. Les jeunes célébrités vivant essentiellement la nuit ce style sera popularisé sous le nom de clubwear.
Cette technique d’infiltration des médias dérangera tellement, que le CSA, pondra une nouvelle loi pour empêcher la promotion gratuite à la télévision, cette “publicité clandestine“ est donc bannie de la TV depuis 2001. Cette interdiction permet aux sponsors officiels de ne plus se faire voler la vedette sur les plateaux par les petits labels.
Mais Kulte c’est avant tout des t-shirts et un univers visuel mis en place par le graphiste Christopher D. (Fenchurch, Sixpack) entre 1998 et 2001 et exploité depuis avec plus ou moins de bonheur par Jérôme Coste (Hold-Up, Ruby), DirtLab ou Mothi (Underten).
Le cinéma underground, les Scream Queen et le kitsch 80’s vont s’imposer comme des thèmes récurrents et les dessins, réaliser sous Illustrator, vont influencer toute une génération de graphistes dans l’hexagone. Signe particulier, chaque collection a droit à son poster qui reprend les codes visuels des affiches de cinéma des années 60/80.
On peut bien-sûr ne pas aimer leur approche kitsch, mais ils se sont fixé une ligne et s’y tiennent depuis leurs débuts ce qui est finalement assez rare aujourd’hui. Cette stratégie leur a permis de se créer un nom, une clientèle fidèle et un look bien à eux.
Pour ceux qui veulent en savoir plus je vous conseille leur site Internet.

Révolution !

S’il y a bien un vêtement qui est attaché à l’idée de contestation c’est le t-shirt. Des rockers aux hippies en passant par les punks, le t-shirt sert de support de communication à tout ce que la planète compte comme insoumis depuis le milieu du 20e siècle.

Révolution ! Révolution !

Dés 1951 avec l’acteur Marlon Brando, c’est le basic blanc qui gagne son statut d’icône rebelle, James Dean et Jack Kerouac finiront d’en faire le symbole de la jeunesse éternelle.

Arrive les années 60, inspiré par les poètes de la beat génération, les étudiants occidentaux établissent les bases de la culture underground moderne et mettent à l’honneur l’incontournable modèle à slogans et le logo peace….

Les années 70 verront s’épanouir la provocation visuelle, les créations de Jamie Reid et Vivienne Westwood à Londres sont les plus spectaculaires, comme “l’antéchrist“ ou les cow-boys gay. C’est à cette époque que le visage de Che Guevara commence à envahir les vitrines de magasins avec le svastika porté par Sid Vicious et les premiers t-shirts anti-nucléaire.

En 1980 sort le livre FRIENDLY FASCISM, de Bertram Gross, réquisitoire sans concession contre le système de valeurs américain qui va encourager les mouvements pacifistes et végétaliens à passer à l’action. Ce qui inspirera la styliste anglaise Katharine Hamnett, qui lance une série de tee à slogans, EDUCATION NOT MISSILES, ou CHOOSE LIFE. De la grosse typo suisse (sans serif) extra large en noir ou couleur fluo sur fond blanc et une taille XXL, le look des années 80 est là.

Les années 90 confirment l’avènement du t-shirt en tant que médium privilégier des sauvageons qui recherche désormais des pièces vintage des années 60/70 et commencent à tourner le dos aux marques de sportswear.

En janvier 2000 sort le livre qui va cristalliser la pensée de l’époque, NO LOGO, de Naomi Klein, devenu un best-seller depuis, la bible de la génération X casse en deux les géants du textile. Le stylisme militant et le graphisme choc font maintenant partit du paysage et sont difficilement récupérables par les grands labels, donc ce sont les petites marques qui s’y collent avec enthousiasme.

Les sites dédiés aux “protest“ t-shirts qui parodient la société de consommation et dézinguent les politiques se multiplient sur Internet, la popularité grandissante des mouvements alter-mondialiste y est sans doute pour quelques choses. Mais un problème concret est en train de se poser à tous ceux qui veulent utiliser le t-shirt comme moyen de contestation politique, ou le faire fabriquer ?

Tout le monde est conscient de la contradiction grandissante qu’il y a à porter un vêtement affichant un slogan révolutionnaire alors qu’il a été fabriqué par des enfants déscolarisés et sous-payé dans un pays du tiers-monde. Actuellement l’esprit est à la fronde et de plus en plus d’artistes et de stylistes veulent que leur produit soit fabriqué en Europe et même en France. L’entreprise de textile locale qui semblait morte et enterré depuis longtemps n’a peut-être pas dit son dernier mot …

Révolution ! Révolution !